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Histoires de photographies : 1914-2016, un siècle d’appropriations ?

Au XXe siècle, tous les champs de la recherche, de la communication et de la création s’emparent de la photographie. Cette appropriation généralisée s’appuie notamment sur une pratique des dispositifs et des images photographiques démocratisée et, ce faisant, sur l’idée d’une image universellement lisible. À la suite du premier cycle, qui posait le XIXe siècle comme une période d’expérimentations, cette série de conférences propose de brosser un panorama des usages artistiques, médiatiques, sociaux et vernaculaires des images photographiques, ainsi que de leur inflation au XXe siècle. En tâchant de comprendre les motifs de ces différents types d’appropriation, les passerelles qui s’établissent entre eux, leurs résultats enfin, ce cycle vise aussi à souligner les phénomènes de dépossession qui, toujours, menacent nos pratiques et notre perception de la photographie, de son pouvoir et de ses possibles, à une échelle individuelle et collective.

MARDI 3 NOVEMBRE 2015
La photographie à l’avant-garde
Après avoir été longtemps le point aveugle de la création artistique, la photographie devient un outil de contestation des valeurs traditionnelles du champ de l’art pour les artistes d’avant-garde, au coeur de la Première Guerre mondiale. Cette séance analysera les formes données à l’intégration de la photographie dans les créations plastiques des dadaïstes puis des surréalistes, les raisons qui la motivent et les déplacements conceptuels auxquels elle participe.

MARDI 1ER DÉCEMBRE 2015
Les innovations photo/graphiques au service du peuple
Dans les années 1920, les avant-gardes allemandes et russes font de la photographie l’un de leurs principaux matériaux de création. Elles la considèrent en effet comme un moyen apte à émanciper le regard de l’individu dans une société de l’information visuelle en plein essor. Progressivement les innovations photo/graphiques mises en place dans ce cadre vont nourrir les médias de masse. On s’attachera à étudier les enjeux de cette rencontre, jusqu’au possible dévoiement des idéaux politiques qui animaient les artistes du Bauhaus et des Vkhutemas.

MARDI 5 JANVIER 2016
Cerner la pureté du medium
En réaction aux multiples expérimentations photographiques des avant-gardes et surtout à leur large diffusion, certains photographes vont tenter de définir et d’explorer ce qu’ils considèrent être les spécificités du medium photographique. Le propos de cette séance sera de cerner les implications formelles, conceptuelles et idéologiques du tournant documentaire qui s’amorce dans la pratique photographique à la fin des années 1920, autour des personnalités d’Albert Renger-Patzsch, d’August Sander et de Walker Evans.

MARDI 2 FÉVRIER 2016
Le photo-reporter, nouvelle figure des années 1930 ?
Avec le développement des magazines d’information illustrés de photographies, la figure du photo-reporter devient prépondérante dans l’entre-deux-guerres. Les noms de Capa, Chim, Cartier Bresson, Krull ou Salomon fleurissent sur les couvertures des périodiques, à telle enseigne que cette période est considérée comme le premier âge d’or du photojournalisme. Quelles sont les conditions d’émergence de la figure du photo-reporter ? Comment s’intègre-t-elle dans la chaîne de production de l’information illustrée ? Quel est réellement son statut ? Telles sont les questions qui structureront notre quatrième séance.

MARDI 1ER MARS 2015
Pour une photographie de la réconciliation : La « Grande famille des hommes »
Autour de l’exposition The Family of Man organisée par Edward Steichen au Museum of Modern Art de New York en 1955, cette séance explorera les contradictions inhérentes au courant de photographie dit « humaniste », dans un monde de l’après-guerre en reconstruction.

MARDI 5 AVRIL 2015
Photographier à « l’Ère du soupçon »
A maints égards, les années 1960 et 1970 sont celles de la déconstruction des grands récits qui ont structuré les idéologies de la modernité. La photographie n’échappe pas à cette remise en question de la représentation et de ses fonctions, qui s’exprime dans des courants tels que le New Documents (Arbus, Friedlander, Winogrand) ou encore dans les prises de position de certains photojournalistes, tels que Caron ou Depardon. Cette séance sera l’occasion de s’interroger sur comment, pourquoi et pour qui photographier à « l’Ère du soupçon » (Sarraute, 1956).

MARDI 3 MAI 2015
Contre l’ « instant décisif » et le storytelling : un autre récit photographique
Poursuivant sur les questions soulevées à la séance précédente, on envisagera les œuvres séquentielles des artistes comme Duane Michals, Urs Lüthi, Sophie Calle, Benoît Peeters et Marie-Françoise Plissart, qui, dans des genres très différents, ont proposé une alternative à « l’instant décisif » de Cartier-Bresson et ont tenté d’inventer un nouveau type de récit photographique, loin du storytelling
des périodiques illustrés.

MARDI 7 JUIN 2015
Tous éditeurs ?
Photographie et nouveaux médias
En guise de conclusion, cette séance aura pour but de donner quelques clés de lecture des pratiques et des usages de la photographie à l’heure du numérique et d’Internet, qui seront placées au regard des enjeux soulevés durant l’année.

INFOS PRATIQUES

  • Horaires : 19h pour toutes les conférences
  • Entrée libre, sans réservation (dans la limite des places disponibles)

Repères conférencières :

Diplômée de l’École du Louvre et de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, lauréate du prix Roland Barthes pour la recherche photographique, Laureline Meizel est historienne de l’art contemporain, spécialisée en histoire de la photographie. Enseignante à l’université, ses recherches portent actuellement sur les rapports texte/image au sein du livre.